Pêle-mêle Politico Envraqué
A trop vouloir parler de politique, on finit pas ne plus savoir écouter. Ecouter qui? Ses auditeurs, ses lecteurs, ses telespectateurs. Tous ces Français qui, le 22 avril prochain, iront voter.
Ces Français que les médias gavent d'information soit démagogue, soit trop sensationnelle, et soit disant "exclusive". (C'est un mot à la mode, très tendance visiblement puisqu'on lit, on entend et on voit partout "sondage excludif" "reportage exlusif" "interview exclusive"...)Mais rien de bien nouveau. Fausse alerte.
Les Français, au final, ne savent toujours pas pour qui leur voix basculera.
18 millions d'indécis titrait ce matin même Le Parisien.
Ils savent pour qui ils NE voteront PAS, en revanche.
Mais est-ce vraiment cela le fait de voter? On élirait un Président de la République selon qu'il serait moins con que les autres, moins dangereux peut-être, moins raciste, plus cool?
Doit-on voter CONTRE un candidat, dès le 1er tour, au détriment d'un VRAI programme?
Doit-on se baser sur les sondages? Des statistiques et hypothèses qui se placent trop souvent en-dessous de la réalité!
Les gens ne sont pas dupes. Du moins pas tous!
Si la politique reste un sujet difficilement abordable entre amis (au risque de déclencher une guerre civile); chacun a assez de recul pour se faire sa propre opinion. Et s'ils s'opposent droite-gauche-centre, tous s'accordent à dire qu'ils en ont marre d'entendre parler des présidentiables dans les médias.
C'étons demandé pourquoi?
Non.
A priori ce que pensent les Français de la campagne présidentielle n'est pas un sujet prioritaire. A moins que vous n'ajoutiez à ce titre les mots-clé suivants: sexe, régime, pédophilie, exlusivité... Tous ces attrape-nigos qui font vendre.
Et on s'étonne après que la presse devienne une poubelle.
Avis à ceux qui ne l'auraient toujours pas compris: il n'y a pas de recette miracle pour vous faire perdre, en moins d'un mois, les 10 kilos pris ces dernières semaines. Peine perdue au risque de paraître pessimiste et blessante, fallait y penser avant de stocker tout ce chocolat dans les cuisses et dans les fesses. C'est bien connu: 10 secondes dans la bouche et 10 ans dans les hanches ;p
Cela fait plus de deux mois que je suis quotidiennement la course à l'Elysée. Qu'ai-je appris?
Qu'un tel est facho, que son voisin est cruche et contradictoire, qu'un autre est démagogue (malheureusement non ce n'est pas celui dont le nom vous vient de suite à l'esprit), que monsieur x et madame y se tirent dans les pattes, que c'est à celui qui dira le plus de mal sur l'autre qui l'emportera, que les partis sont divisés au lieu d'êtres unis. Une vraie cour de récré en résumé. Et lorsque la cloche retentira il faudra voter.
A vous de décrypter, à nous (médias) de vous donner toutes les clefs nécessaires.
(1er indice: choper Passe-Partout. Pas plus haut que trois pommes, il court dans tous les sens. C'était une brève paranthèse, un moment d'égarement).
Je reprends.
Dans son numéro 519, l'hebdomadaire Marianne, ouvre le débat, donne la parole à tous ceux qui souhaitent la prendre. "Chers lecteurs, luttons.... en respectant nos différences", Jean-François Kahn, président du conseil d'administration de Marianne, écris, répond aux lecteurs qui l'accusent de rédiger des articles anti-sarko, pro bayrou ou ségolène. C'est une lettre ouverte d'un journaliste professionnel à son lectorat de gauche ou droite peu importe. Il reconnait certains tords, se défend de certains autres. Une réponse à la demande des lecteurs en colère, car ils ne comprenaient pas forcément le message qu'on leur faisait passer, et peut-être aussi parcequ'ils se sentaient endoctrinés de manière générale par les médias.
Le lecteur a donc lui aussi son mot à dire. C'est pourquoi dans le journal des lecteurs mis en place dans ce numéro (et ceux à venir), chacun trouve sa place pour témoigner d'un coup de gueule, d'un souhait, d'une revendication, ou d'une simple remarque.
Ce que j'ai retenu du courrier de J-F Kahn c'est qu'il ne faut pas dénigrer les médias mais qu'ils doivent réciproquement ne pas prendre les gens pour des imbéciles.
Un dialogue s'est inscrit entre eux. Et si c'était cela le vrai débat au final? Celui qu'attendait tous les Français.
